La communication avec le juge des affaires familiales représente souvent un moment décisif dans la résolution de situations familiales complexes. Que ce soit pour une demande de garde d’enfant, une pension alimentaire ou une modification de jugement, la façon dont vous présentez votre cas peut avoir un impact considérable sur la décision finale.
Ces lettres nécessitent clarté, précision et respect du formalisme juridique, tout en exposant avec sincérité votre situation personnelle. Trouver le bon équilibre entre ces éléments peut sembler difficile, surtout dans des moments chargés émotionnellement. Voici donc dix modèles adaptés à différentes situations pour vous guider dans cette démarche importante.
Exemples de lettres juge des affairs familiales
Ces exemples vous aideront à structurer votre propre courrier selon votre situation particulière.
1. Lettre de demande de garde d’enfant
Objet : Demande d’attribution de la garde exclusive de mon enfant
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser ce courrier afin de solliciter la garde exclusive de mon fils, Lucas Martin, né le 15 mars 2018. Suite à ma séparation avec Monsieur Thomas Martin depuis maintenant six mois, nous n’avons pas réussi à trouver un accord amiable concernant la garde de notre enfant malgré plusieurs tentatives de médiation familiale. Notre désaccord porte principalement sur le lieu de résidence habituelle de Lucas et sur l’organisation du temps de présence chez chacun des parents.
Notre fils est actuellement scolarisé à l’école primaire Jules Ferry de Nantes, où il s’est parfaitement intégré et a développé des liens sociaux importants avec ses camarades. Il bénéficie également d’un suivi médical régulier avec son pédiatre, le Docteur Dubois, qui le connaît depuis sa naissance. Mon domicile se situe à proximité immédiate de son école et de ses activités extrascolaires, lui permettant de maintenir ses repères et sa stabilité quotidienne. De plus, mes horaires de travail flexibles me permettent d’être disponible pour l’accompagner chaque jour et répondre à ses besoins, contrairement à son père qui effectue de nombreux déplacements professionnels.
Je tiens à préciser que je ne souhaite aucunement priver mon fils de la présence de son père dans sa vie, bien au contraire. Je propose que Monsieur Martin puisse exercer un droit de visite et d’hébergement un week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires. Cette organisation me semble correspondre à l’intérêt supérieur de notre enfant, en lui garantissant à la fois stabilité au quotidien et maintien des liens avec ses deux parents.
Je reste naturellement ouverte à toute discussion permettant de trouver la meilleure solution pour le bien-être de Lucas. Vous trouverez ci-joint tous les documents attestant de ma situation personnelle et professionnelle, ainsi que des témoignages de l’entourage familial et éducatif de Lucas.
Dans l’attente de votre décision, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de mes respectueuses salutations.
[Signature, nom complet, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
2. Lettre de demande de pension alimentaire
Objet : Demande de fixation de pension alimentaire
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Par la présente, je souhaite vous solliciter afin d’obtenir la fixation d’une pension alimentaire pour nos deux enfants, Emma et Hugo Dubois, respectivement âgés de 7 et 4 ans. Depuis notre séparation avec Monsieur Julien Dubois il y a trois mois, celui-ci n’a versé aucune contribution financière pour l’entretien et l’éducation de nos enfants, malgré mes nombreuses demandes amiables.
Les charges liées à l’éducation et aux besoins quotidiens de nos enfants reposent donc entièrement sur mes revenus, ce qui crée un déséquilibre important dans notre niveau de vie. Mon salaire mensuel de conseillère clientèle s’élève à 1650 euros, tandis que Monsieur Dubois occupe un poste d’ingénieur avec un revenu mensuel approximatif de 3200 euros selon mes informations.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse postale, numéro de téléphone et adresse email]
3. Lettre de demande de droit de visite et d’hébergement
Objet : Demande d’élargissement du droit de visite et d’hébergement
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser cette requête concernant l’élargissement de mon droit de visite et d’hébergement auprès de ma fille, Clara Bernard, âgée de 6 ans. Suite à notre séparation avec Madame Sophie Bernard en janvier 2022, un jugement rendu le 15 mai 2022 a accordé la résidence habituelle de notre fille chez sa mère, avec un droit de visite et d’hébergement à mon profit un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.
Après presque deux années de fonctionnement selon ces modalités, je souhaite aujourd’hui solliciter un élargissement de ce droit afin de pouvoir occuper une place plus importante dans la vie quotidienne de ma fille. Ma situation professionnelle et personnelle s’est stabilisée, me permettant désormais d’être plus disponible. J’ai notamment aménagé mes horaires de travail pour être libre tous les mercredis, et j’ai emménagé dans un appartement avec une chambre dédiée pour Clara, situé à moins de trois kilomètres de son école.
Les relations avec Madame Bernard se sont également apaisées avec le temps, facilitant désormais notre communication concernant l’éducation de notre fille. Cependant, nos discussions sur l’élargissement de mon temps de présence auprès de Clara n’ont pas abouti à un accord. Je sollicite donc votre intervention pour examiner la possibilité d’obtenir un droit de visite et d’hébergement incluant un mercredi sur deux en plus des week-ends déjà établis, ainsi qu’une répartition équilibrée des vacances scolaires.
Clara exprime régulièrement le souhait de passer plus de temps avec moi, comme pourront en témoigner les documents joints à ce courrier. J’estime sincèrement que cet aménagement serait bénéfique pour son équilibre émotionnel et son développement, en lui permettant de maintenir des liens forts avec ses deux parents.
Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à ma demande et reste à votre disposition pour tout complément d’information ou entretien que vous jugeriez nécessaire.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de mes salutations respectueuses.
[Signature, nom complet, date, coordonnées incluant adresse, téléphone et email]
4. Lettre de demande de médiation familiale
Objet : Demande de médiation familiale préalable à une procédure
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je vous adresse ce courrier afin de solliciter la mise en place d’une médiation familiale dans le cadre du conflit qui m’oppose à Monsieur Antoine Moreau concernant l’exercice de l’autorité parentale sur notre fils Théo, âgé de 9 ans. Depuis notre séparation intervenue il y a huit mois, la communication avec le père de mon enfant est devenue extrêmement difficile, rendant impossible toute prise de décision commune concernant l’éducation et la santé de Théo.
Plusieurs désaccords majeurs sont apparus ces derniers mois, notamment concernant le choix des activités extrascolaires, le suivi psychologique que je juge nécessaire suite aux difficultés d’adaptation de Théo après notre séparation, ainsi que l’organisation des vacances scolaires. Ces tensions permanentes créent une situation préjudiciable pour notre enfant, qui se trouve malgré lui au centre de nos conflits.
Avant d’engager une procédure contentieuse, je souhaite tenter une démarche de médiation familiale, convaincue que le dialogue pourrait être rétabli avec l’aide d’un professionnel neutre. Cette approche me semble correspondre à l’intérêt supérieur de Théo, qui a besoin de parents capables de communiquer sereinement pour son bien-être. J’ai déjà proposé cette solution à Monsieur Moreau, qui l’a catégoriquement refusée sans motif apparent.
Je sollicite donc votre intervention pour ordonner une médiation familiale préalable, conformément aux dispositions de l’article 373-2-10 du Code civil. Je reste persuadée qu’avec l’accompagnement approprié, nous pourrons dépasser nos différends personnels pour nous recentrer sur les besoins de notre enfant et exercer conjointement notre responsabilité parentale.
Dans l’attente de votre décision, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma considération distinguée.
[Signature, nom et prénom complets, date, coordonnées incluant adresse, téléphone et email]
5. Lettre de demande de modification de jugement de divorce
Objet : Demande de modification des mesures accessoires au divorce
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous solliciter concernant une demande de modification du jugement de divorce prononcé le 18 septembre 2021 par le Tribunal Judiciaire de Lyon. Ce jugement avait notamment fixé la résidence habituelle de nos deux enfants, Lise et Maxime Petit, respectivement âgés aujourd’hui de 12 et 9 ans, chez leur mère, Madame Caroline Petit, avec un droit de visite et d’hébergement classique à mon profit.
Depuis cette décision, ma situation professionnelle et personnelle a considérablement évolué. Après une période de chômage qui avait été prise en compte lors du jugement initial, j’ai retrouvé un emploi stable de responsable logistique au sein d’une entreprise située à proximité de mon domicile. Mes revenus mensuels s’élèvent désormais à 2800 euros nets, me permettant d’assumer pleinement mes responsabilités financières envers mes enfants. J’ai également emménagé dans un appartement plus spacieux comprenant trois chambres, dont deux sont spécifiquement aménagées pour accueillir Lise et Maxime dans les meilleures conditions.
Parallèlement, mes enfants expriment de plus en plus clairement leur souhait de passer davantage de temps avec moi. Lise, qui entre dans l’adolescence, manifeste particulièrement ce besoin de renforcer notre relation. Madame Petit, quant à elle, a récemment augmenté son temps de travail et rencontre des difficultés croissantes pour concilier ses obligations professionnelles avec la prise en charge quotidienne des enfants, notamment lors des vacances scolaires.
Au vu de ces éléments nouveaux, je souhaite solliciter la mise en place d’une résidence alternée, selon un rythme hebdomadaire qui me semble correspondre à l’intérêt de nos enfants et à nos contraintes respectives. Cette organisation permettrait de maintenir la stabilité nécessaire à leur épanouissement tout en renforçant leur relation avec chacun de leurs parents. J’ai tenté d’aborder cette question avec Madame Petit à plusieurs reprises, sans parvenir à un accord amiable, d’où ma démarche auprès de votre juridiction.
Vous trouverez en pièces jointes tous les justificatifs attestant des changements évoqués dans ce courrier, ainsi que des attestations de l’entourage familial et éducatif concernant le bien-être des enfants.
Je reste naturellement à votre disposition pour tout complément d’information et vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à ma demande.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma haute considération.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
6. Lettre de contestation d’une décision de garde
Objet : Appel d’une décision de garde d’enfant
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser ce courrier suite à la décision rendue le 25 mars 2023 par le Tribunal Judiciaire de Toulouse, fixant la résidence habituelle de notre fille Sarah Lambert, âgée de 5 ans, chez son père, Monsieur David Lambert. Cette décision fait l’objet de mon appel déposé le 10 avril 2023, dont je souhaite par la présente exposer les motifs essentiels.
La décision contestée s’appuie principalement sur ma situation professionnelle jugée instable, en raison d’un changement d’emploi récent. Toutefois, le tribunal n’a pas pris en considération que ce changement constitue en réalité une évolution positive, avec un contrat à durée indéterminée me permettant désormais des horaires fixes et prévisibles, contrairement à ma situation antérieure. Mon nouveau poste d’assistante administrative m’offre également la possibilité de travailler à domicile deux jours par semaine, renforçant ainsi ma disponibilité pour Sarah.
Par ailleurs, le rapport de l’enquête sociale semble avoir été interprété de façon partielle. Si celui-ci évoque effectivement l’attachement de Sarah à son père, il souligne également ses liens profonds avec moi et recommande explicitement le maintien de contacts réguliers et équilibrés avec ses deux parents. La conclusion de l’enquêteur social ne préconisait pas clairement l’attribution de la résidence habituelle au père, contrairement à ce que la décision laisse entendre.
La proximité géographique de mon domicile avec l’école maternelle de Sarah, située à moins de cinq minutes à pied, constitue un avantage certain pour son quotidien, alors que Monsieur Lambert habite à plus de vingt minutes en voiture, nécessitant des trajets quotidiens fatigants pour une enfant de cet âge. De plus, le réseau familial sur lequel je peux m’appuyer est présent dans mon quartier, avec notamment ma mère qui peut assurer une présence rassurante auprès de Sarah en cas de besoin.
Enfin, je tiens à souligner que, contrairement aux allégations de Monsieur Lambert, je n’ai jamais entravé ses relations avec notre fille et ai toujours facilité leurs contacts, comme en témoignent les nombreux arrangements informels que nous avons mis en place avant la procédure judiciaire. Ma démarche vise uniquement à préserver l’équilibre émotionnel de Sarah, qui a exprimé à plusieurs reprises, y compris auprès des professionnels qui l’accompagnent, son souhait de vivre principalement avec moi.
Pour toutes ces raisons, je sollicite la révision de cette décision et l’attribution de la résidence habituelle de Sarah à mon domicile, avec un droit de visite et d’hébergement élargi pour son père, dans l’intérêt supérieur de notre enfant.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma considération respectueuse.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
7. Lettre de demande d’autorité parentale exclusive
Objet : Demande d’exercice exclusif de l’autorité parentale
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser cette demande concernant l’exercice de l’autorité parentale sur mon fils Mathis Durand, né le 12 mai 2019. Suite à ma séparation avec Madame Laura Durand en janvier 2022, l’autorité parentale est actuellement exercée conjointement, conformément au principe légal. Cependant, des circonstances graves et répétées me conduisent aujourd’hui à solliciter l’exercice exclusif de cette autorité.
Depuis plus d’un an, Madame Durand se désintéresse totalement de la vie de notre fils. Elle n’a exercé son droit de visite et d’hébergement que de façon très sporadique, laissant parfois passer plusieurs mois sans voir Mathis ni même prendre de ses nouvelles par téléphone. Cette absence prolongée crée une grande souffrance chez notre enfant, qui manifeste des troubles du sommeil et une anxiété importante, comme l’atteste le certificat du pédopsychiatre joint à ce courrier.
Par ailleurs, Madame Durand refuse systématiquement de participer aux décisions importantes concernant la santé et l’éducation de Mathis. Elle n’a assisté à aucune réunion scolaire depuis la rentrée, malgré mes nombreuses invitations. Plus grave encore, elle a refusé de donner son accord pour des soins médicaux nécessaires, notamment un suivi orthophonique recommandé par plusieurs spécialistes, retardant ainsi la prise en charge des difficultés de langage de notre fils.
Cette situation d’abandon de fait se double d’une instabilité préoccupante dans sa vie personnelle. Madame Durand a changé quatre fois de domicile en moins de deux ans, sans jamais me communiquer ses nouvelles coordonnées, m’obligeant à de longues recherches pour maintenir le lien minimal nécessaire aux décisions concernant Mathis. Ses problèmes d’addiction à l’alcool, qui s’étaient manifestés avant notre séparation, semblent s’être aggravés, comme en témoignent plusieurs incidents lors des rares moments passés avec notre fils.
Dans ces circonstances exceptionnelles, l’exercice conjoint de l’autorité parentale se révèle impossible et contraire à l’intérêt supérieur de Mathis. Chaque décision nécessite des démarches longues et souvent vaines pour obtenir l’accord de la mère, retardant des prises en charge essentielles pour son développement. L’attribution de l’exercice exclusif de l’autorité parentale me permettrait d’assurer efficacement la continuité et la cohérence éducative dont Mathis a besoin.
Je tiens à préciser que cette demande ne vise aucunement à priver définitivement Madame Durand de ses droits parentaux, mais à protéger notre fils dans une période critique de son développement. Je reste ouvert à une évolution de cette situation si la mère de Mathis entreprend les démarches nécessaires pour reprendre une place stable et constructive dans sa vie.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de mes salutations respectueuses.
[Signature, nom et prénom complets, date, coordonnées incluant adresse, téléphone et email]
8. Lettre de demande de résidence alternée
Objet : Demande de mise en place d’une résidence alternée
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous solliciter afin d’obtenir la mise en place d’une résidence alternée pour nos deux enfants, Camille et Nathan Richard, respectivement âgés de 8 et 6 ans. Suite à ma séparation avec Madame Marie Richard en novembre 2022, nos enfants résident principalement chez leur mère avec un droit de visite et d’hébergement classique à mon profit, selon un accord provisoire que nous avions établi sans intervention judiciaire.
Après plus d’une année de fonctionnement selon ce schéma, je souhaite aujourd’hui formaliser une organisation plus équilibrée, correspondant davantage à l’implication que j’ai toujours eue dans la vie quotidienne de nos enfants. Avant notre séparation, je participais activement à toutes les dimensions de leur éducation, depuis les soins quotidiens jusqu’au suivi scolaire, en passant par les activités sportives et culturelles.
Ma situation professionnelle et personnelle me permet d’accueillir Camille et Nathan dans d’excellentes conditions. J’occupe un poste de professeur des écoles avec des horaires compatibles avec leur rythme scolaire. Mon appartement, situé à moins de deux kilomètres de leur école actuelle, dispose de deux chambres dédiées à nos enfants, avec tout l’équipement nécessaire à leur confort et à leurs activités. Le quartier offre également de nombreux espaces verts et infrastructures adaptées aux enfants.
Nos enfants expriment régulièrement le souhait de passer davantage de temps avec moi. Ils ont créé des liens dans mon voisinage et participent à plusieurs activités dans le quartier. La proximité géographique entre mon domicile et celui de leur mère faciliterait grandement la mise en place d’une alternance hebdomadaire, sans perturber leur scolarité ni leurs activités extrascolaires.
Je propose donc une résidence alternée selon un rythme hebdomadaire, du lundi après l’école au lundi suivant, permettant à nos enfants de bénéficier d’une présence équilibrée de leurs deux parents. Cette organisation me semble correspondre pleinement à leur intérêt, en leur offrant stabilité et continuité affective. Madame Richard n’est pas opposée au principe d’une résidence alternée, mais nous divergeons sur les modalités pratiques, d’où ma démarche auprès de votre juridiction.
Je reste naturellement ouvert à toute proposition d’aménagement qui pourrait faciliter la transition vers ce nouveau mode d’organisation, l’essentiel étant pour moi de préserver le bien-être émotionnel de Camille et Nathan.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma considération distinguée.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
9. Lettre de contestation de pension alimentaire
Objet : Demande de révision de pension alimentaire
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser cette demande de révision de la pension alimentaire fixée par jugement du 10 juin 2022 pour mes deux enfants, Louis et Emma Dupont, âgés respectivement de 7 et 5 ans. Cette pension, dont le montant a été établi à 450 euros par mois, a été calculée sur la base de revenus qui ne correspondent plus à ma situation actuelle, profondément modifiée depuis cette décision.
En effet, j’ai subi un licenciement économique en septembre 2022, trois mois après le jugement initial. Après plusieurs mois de recherche d’emploi, j’ai retrouvé une activité professionnelle en février 2023, mais avec une rémunération nettement inférieure à mon précédent poste. Mon salaire mensuel net s’élève désormais à 1800 euros, contre 2700 euros lors de la fixation de la pension, soit une baisse de plus de 33% de mes revenus.
Dans le même temps, mes charges fixes ont considérablement augmenté. Mon loyer représente désormais 40% de mes revenus, contre 25% auparavant. Cette situation précaire m’a contraint à contracter un crédit à la consommation pour faire face aux dépenses courantes, créant une charge supplémentaire de remboursement mensuel de 250 euros pendant encore deux ans.
Malgré ces difficultés, je tiens à préciser que je ne cherche aucunement à me soustraire à mes obligations parentales. Je souhaite simplement obtenir une révision du montant de la pension afin qu’il soit en adéquation avec mes ressources actuelles, tout en continuant à contribuer de manière significative aux besoins de mes enfants. Je propose donc que le montant soit ramené à 300 euros mensuels, ce qui représenterait encore près de 17% de mes revenus actuels.
Cette modification me permettrait de préserver un équilibre financier minimal tout en maintenant ma capacité à accueillir Louis et Emma dans des conditions décentes lors de l’exercice de mon droit de visite et d’hébergement. Je m’engage par ailleurs à demander une nouvelle révision dès que ma situation professionnelle se sera améliorée.
Vous trouverez joints à ce courrier tous les justificatifs attestant de ma nouvelle situation financière, notamment mes bulletins de salaire, mon contrat de travail, mon bail de location et l’échéancier de remboursement de mon prêt.
Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à ma demande et reste à votre disposition pour tout complément d’information.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma considération respectueuse.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
10. Lettre de demande d’audition d’enfant
Objet : Demande d’audition de mon enfant dans le cadre d’une procédure de modification de résidence
Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales,
Je me permets de vous adresser cette demande concernant l’audition de ma fille, Léa Mercier, âgée de 12 ans, dans le cadre de la procédure en cours relative à la modification de sa résidence habituelle. Cette procédure a été initiée par son père, Monsieur Paul Mercier, qui sollicite le transfert de la résidence de notre fille à son domicile, après huit années passées principalement chez moi.
Léa a récemment exprimé avec insistance son souhait d’être entendue par le juge avant qu’une décision ne soit prise concernant son lieu de vie. Consciente des enjeux de la procédure et de l’impact que cette décision aura sur son quotidien, elle souhaite pouvoir exprimer son point de vue et ses préférences. Compte tenu de son âge et de sa maturité, que ses enseignants soulignent régulièrement dans ses bulletins scolaires, je considère que Léa est parfaitement capable de discernement sur cette question qui la concerne directement.
Je tiens à préciser que cette demande émane spontanément de ma fille, sans aucune pression de ma part. Je me suis simplement contentée de l’informer de ses droits, notamment celui d’être entendue par le juge conformément aux dispositions de l’article 388-1 du Code civil. Léa comprend parfaitement que son audition ne constitue qu’un élément parmi d’autres dans votre prise de décision, mais elle considère légitime que sa voix soit prise en compte dans une procédure qui déterminera largement son organisation de vie pour les années à venir.
Je suggère, si vous l’estimez approprié, que Léa puisse être accompagnée lors de cette audition par un avocat qui veillerait à la protection de ses intérêts propres, distincts de ceux de ses parents. Cette présence pourrait la rassurer et lui permettre d’exprimer plus librement son ressenti et ses souhaits.
Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à cette demande, qui vise uniquement à garantir que la décision qui sera prise tiendra compte de tous les éléments pertinents, y compris la parole de l’enfant concernée.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Juge des Affaires Familiales, l’expression de ma haute considération.
[Signature, nom et prénom, date, coordonnées complètes incluant adresse, téléphone et email]
Conclusion : Communiquer efficacement avec le juge
La rédaction d’une lettre au juge des affaires familiales constitue une étape importante dans toute procédure familiale. Ces dix exemples illustrent la diversité des situations mais aussi les points communs essentiels à respecter. Quelle que soit votre demande, privilégiez toujours clarté, concision et respect du formalisme juridique.
N’oubliez jamais que l’intérêt supérieur de l’enfant reste le critère fondamental guidant les décisions du juge. Centrez donc votre argumentation sur les besoins des enfants plutôt que sur les différends avec l’autre parent. Joignez systématiquement les justificatifs nécessaires pour appuyer vos affirmations et facilitez ainsi le travail d’appréciation du magistrat.
Une communication respectueuse et constructive avec la justice familiale contribue grandement à la résolution apaisée des conflits familiaux, dans l’intérêt de tous les membres de la famille, particulièrement des enfants.